Dimanche 4 février 2007
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Quand même nous serions comme la feuille morte ;Quand, pour plaire à OF , on nous renierait tous ;Quand le proscrit devrait s’enfuir de porte en porte,Aux hommes déchiré comme un haillon aux clous ; Quand le désert, où Dieu contre l’homme proteste,Bannirait les bannis, chasserait les chassés ;Quand même, infâme aussi, lâche comme le reste,Le tombeau jetterait dehors les trépassés ; Je ne fléchirai pas ! Sans plainte dans la bouche,Calme, le deuil au cœur, dédaignant le troupeau,Je vous embrasserai dans mon exil farouche,OB, ô mon autel ! Liberté, mon drapeau ! Mes nobles compagnons, je garde votre culte ;Bannis, le CDC est là qui nous unit.J’attacherai la gloire à tout ce qu’on insulte ;Je jetterai l’opprobre à tout ce qu’on bénit ! Je serai, sous le sac de cendre qui me couvre,La voix qui dit : malheur ! la bouche qui dit : non !Tandis que tes valets te montreront ton Louvre,Moi, je te montrerai, O F , ton cabanon. Devant les trahisons et les têtes courbées,Je croiserai les bras, indigné, mais serein.Sombre fidélité pour les choses tombées,Sois ma force et ma joie et mon pilier d’airain ! Oui, tant qu’il sera là, qu’on cède ou qu’on persiste,Ô Forum ! Forum aimé et qu’on pleure toujours,Je ne reverrai pas ta terre douce et triste,Tombeau de mes aïeux et nid de mes amours ! Je ne reverrai pas ta rive qui nous tente,Forum ! hors le devoir, hélas ! j’oublierai tout.Parmi les éprouvés je planterai ma tente :Je resterai proscrit, voulant rester debout. J’accepte l’âpre exil, n’eût-il ni fin ni terme,Sans chercher à savoir et sans considérerSi quelqu’un a plié qu’on aurait cru plus ferme,Et si plusieurs s’en vont qui devraient demeurer. Si l’on n’est plus que mille, eh bien, j’en suis ! Si mêmeIls ne sont plus que cent, je brave encor Sylla ;S’il en demeure dix, je serai le dixième ;Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là !
Par Gros Banni
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Publié dans : grosbanni
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